J’ai un magasin de vélos et de cerfs-volants en Provence
Michel (Kevin Trammel)
©2003 Kevin Trammel
3/20/97
J’ai un
magasin de vélos et de cerfs-volants en Provence sur la route du Tour de
France. On peut y trouver des photos de
Kitty-Hawk et des magasins de vélos des frères Wright. Il y a aussi des dessins par Leonardo Di
Vinci qui représentent des mécanismes ailés merveilleux et des machines avec
des bâtons, roues, et vis vrillés, et une peinture de Keplar qui depeint des
sphères nichèes en modelant le système solaire: la bicyclette du ciel.
N’importe quel jour de la semaine, on peut me trouver dans mon magasin
de bon matin ou bien très tard le soir, réglant une roue d’un vélo de course
ultramoderne, ou remettant une chambre à air pour un gosse voisin.
Ma femme n’est pas gênée par mon
dévouement à mon travail parce qu’elle est aussi amoureuse de bicyclettes et de
cerfs-volants... de ballons, de planches à voile, et du soleil d’été. Elle et moi nous nous reveillons souvent de
bonne heure le matin pour faire du vélo dans les colines pour
pique-niquer. Sur la route nous nous
rafraîchons dans l’air sain en appréciant la chaleur et la lumière sur le
paysage. Quelque fois nous allons au
lac pour regarder les gosses essayer un de mes cerfs-volants.
Quand nous faisons du vélo au
printemps, nous sommes béni par les caresses parfumées de lavande et d’autres
fleurs. En automne c’est l’odeur
terreuse du gazon qui s’ouvre pour recevoir ce qu’il a prêté pendant le printemps
et l’été aux arbres, buissons, vignes et herbes.
En hiver, je me retire aux recoins
de mon magasin, parmi les râteliers de cercles parfaits, mandrins, et les
rayons de bâtons saillant de leurs boîtes jaugées; parmi les cadres coloré et
les utiles sur les murs ou bien sur mon table de travail. Les pneus entassés dégagent l’arôme de
caoutchouc qui évoque le plaisir des fruits de l’industrie qu’on aime en
mobilité.
Quand je travaille sur une
bicyclette je m’aperçois que je mets au point une machine délicate mais qui est
aussi un instrument élastique et fluide.
Comme la langue française, la bicyclette est une symphonie d’économie et
poésie, rythme et mélodie.
Dans ces matins d’hiver quand la
gelée blanche couvre la terre, le bois des arbres, les fenêtres, je prise cette
perfection cristalline et je la cherche à l’intérieur de moi-même pour que mon
travail puisse atteindre les mêmes harmonie, tranquilité, et caractère immédiat
de ce mouvement invisible et les mettre dans les bâtons et les roues. Dans ces matins tranquilles je reconnaîs que
je ne règle pas du tout les bicyclettes; je le fais à moi-même. Là-dedans se trouve la gloire et la vraie
joie de mon travail, la source de cette manie exubérante qui a capturé mon
coeur et mon imagination. Ceci est la
poésie que je chuchote à moi-même, la chanson que je me chante, sur ce voyage
vers la balance et l’harmonie spirituelle.
Je suis comme un cerf-volant attaché pendant quelque temps à la terre,
ou comme un ballon dont je décharge progressivement les contrepoids, en me levant
sur les forêts, les montagnes, la mer.
Cette vision est la vitalité avec
laquelle je tourne l’écrous d’un bâton ou je pince l’armure d’un frein.
Mon magasin de vélos en France est
un autre foyer, un chez-moi secondaire.
Je construis des bicyclettes, des cerfs-volants, des ballons: véhicules pour le voyage de l’esprit. Mon esprit s’élève et mes pieds restent sur
la terre.
Il y a quelques jours, Jean-Luc est passé par mon magasin. Il va emmener sa famille à un lac dans les colines près du village. Il est amoureux des bicyclettes d’une façon classique, un perfectionniste, bien qu’il ne soit pas un coureur et qu’il ne connaisse pas la technologie du vélo. Il m’a demandé si je règlerais sa bicyclette pour qu’il puisse voler aux collines, pour qu’il puisse rouler aux collines avec un sourire sur son visage. Je lui ai dit que ce serait mon grand plaisir de faire ça pour lui.